Fredbook (Rencontres du 50ème type)

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Maître Lecoin

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Les gymnases du collège Stanislas se trouvaient en sous-sol. Un réseau de couloirs, de vestiaires, de gymnases, plus ou moins grands, et aussi une piscine. Un domaine un peu à part du reste de l’établissement, dans lequel évoluaient une petite dizaine de profs de gym.

Parmi eux, maître Lecoin. On devait l’appeler Maître. Parce qu’il avait été militaire, et fait sa carrière au bataillon de Joinville, où il enseignait l’escrime.

Sec, droit comme un I, l’air sévère, toujours vêtu de son survêtement bleu, il nous faisait faire de l’éducation physique à l’ancienne : 30 minutes de mouvements (échauffements, cardio, pompes, abdos, étirements), puis 30 minutes de séance.

Les mouvements, rangés, face à lui, par ordre de taille. Toujours à la même place. Il donnait ses instructions, des ordres brefs et secs, tout en passant entre les rangs. Il corrigeait les positions. Moi je faisais du foot toute la journée, ces séances me faisaient du bien, elles me permettaient de m’étirer un peu. J’aimais bien le sport; j’étais plutôt bon.

Les autres n’aimaient pas Maître Lecoin, mais moi si. D’abord parce que j’étais timide et discipliné, et il n’y avait rien de plus facile qu’un cours avec lui : il suffisait de suivre les instructions. J’ai bien changé.

Je l’aimais bien aussi, parce qu’il nous faisait souvent jouer à la balle au prisonnier. Et j’adorais ça.

Lorsqu’on allait du vestiaire au gymnase et du gymnase au vestiaire, il nous disait toujours « deux par deux ». On se mettait en rang par deux, tant bien que mal, car les escaliers étaient très étroits. J’ai compris des années après qu’en fait, il voulait qu’on monte les marches de l’escalier deux par deux.

Ce n’est que bien plus tard, lorsque je me suis retrouvé à l’armée, que j’ai revu des gens comme Maître Lecoin. Mais ceci est une autre histoire.

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  1. Je me rappelle très bien de Maître Lecoin et des professeurs de sports qui partageaient le gymnase avec lui entre 1975 et 1980. Il y avait alors un bellâtre musclé qui s’appelait Granat et qui brillait surtout au trempoline. Il se baladait toujours torse nu dans les vestiaires et nous l’appelion Tarzan. Nous avions un autre professeur du nom de Dadouche mais comme Granat et lui étaient intimes, nous croisions toujours ce musculeux maître nageur. Un jour, un de mes camarades rapporta des carpes vivantes d’un restaurant chinois du quartier. Granat somnolait (il était midi) au bord du bassin serré dans un maillot trois fois trop court lorsque le plus petit d’entre nous se faufila et jeta les deux carpes toutes vives dans le bassin de nage. Naturellement nous nous étions placés sur les gradins et nous commencion à faire du bruit… Je revois Granat bouche bée regardant les poissons étourdis par le chlore, quittant son maillot sous les vivats et les criailleries « Tarzan! Tarzan! » et se mettant à l’eau pour aller récupérer les carpes mortes… Toute la classe a eu quatre heures de colle : nous étions en terminale. Et comme le Bac approchait, les colles ne furent jamais faites…

  2. Lecoin avait une moustache à la Gary Cooper et une bouche éternellement tordue, aboyant des ordres. Son insulte favorite était PAYSAN. Nous en avions peur car il portait un sifflet à roulette muni d une lanière en cuir qu il faisait goûter aux PAYSANS, précisément. J ai commencé l escrime avec lui. J ai vite fuit au Racing Club de France avant qu il m en dégoute à jamais.

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