Fredbook (Rencontres du 50ème type)

Faire la liste de toutes les personnes rencontrées dans ma vie

Clients de soirs de mix

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Au cours de mes soirées à l’Expérimental, il y a des clients dont je revois le visage ou dont le prénom me revient. Certains ont eu leur fiche, d’autres ne prendront que quelques lignes, j’ai décidé de les regrouper en galerie de portraits.

Carolina

J’ai vu Carolina deux ou trois fois à l’Expérimental. Elle venait discuter avec moi quand je mixais. C’est une très jolie fille blonde qui travaille à l’ambassade de Suède. La première fois, elle est venue me demander « I follow rivers ». Puis, quelque temps plus tard, elle prenait un verre avec des amis, on a discuté un peu. Je l’ai revue une troisième fois, j’étais là pour boire un verre, elle était avec des amies. On a discuté jusqu’à la fermeture, puis je suis rentré chez moi, partant vers la rue Saint-Denis. Carolina et ses amies sont parties dans l’autre sens, titubant sur leurs grandes jambes vers le taxi qui les attendait plus loin.

Le producteur de hip-hop

Un soir, dans un coin de l’Expérimental, un type a passé la soirée sur sa banquette à boire des verres, seul. Un rasta d’une soixantaine d’années. Gwladys (ou bien était-ce Carina ?) m’a dit que c’était un producteur de hip hop new yorkais et qu’il aimait bien mon mix. Alors je me suis mis à ressortir des vieux trucs. Quand j’ai passé « The message » de Grandmaster Flash j’ai cru qu’il allait chialer. Il est resté très tard, puis s’est levé, a posé un billet de 20 Euros devant moi en me disant merci puis il est parti.

Le type qui bossait chez Dior et qui voulait un morceau de Fatboy Slim

Un soir, à l’Expérimental, je passais la version de « Sympathy for the Devil » de Fatboy Slim. Un homme jeune plutôt sympa est venu me supplier de lui envoyer le morceau qu’il n’arrivait pas à trouver nulle part. Il m’a laissé sa carte de visite. Je suis rentré très tard ce soir-là, sous la pluie. La carte de visite a fondu dans ma poche. Pas de nom, pas de numéro, pas d’adresse e-mail. Je sais juste que le type travaillait chez Dior.

Le fan de Kerri Chandler

Je passe « Rain », de Kerri Chandler. Un type sort de son groupe d’amis et vient me dire que c’est son morceau favori. Au cours de la soirée il revient une dizaine de fois me prouver sa culture en me racontant des trucs à la con sur des labels que je ne connais même pas.

Les danseurs latino du Ballroom

Je mixe au Ballroom, un groupe de trois  jeunes assez éméchés commencent à danser et me demandent si je n’ai pas de musique latine. Ca colle à peu près à mon programme, alors je m’exécute. Ils dansent de plus en plus près de ma petite table. L’un d’eux tape dedans. Je leur demande de s’éloigner. Ils s’éloignent, ils reviennent, un autre met un coup de pied dans ma table. Je leur demande de s’éloigner, ils s’éloignent, ils reviennent. Nouveau coup dans ma table. Nouvel éloignement. Nouveau retour. A la quatrième fois, je coupe la musique et je fous du Miles Davis.

C’est con des fois, les gens qui boivent.

Le couple qui venait me remercier tous les quarts d’heure

Un couple de la quarantaine, installés au coin du bar de l’Expérimental. Une jolie femme blonde souriante, et son amoureux, venus boire et discuter en tête à tête. Dès que je lançais un nouveau morceau ils tournaient la tête vers moi en me disant que c’était super. Au cours de la soirée, ils sont venus une dizaine de fois me dire qu’ils adoraient. Ca fait toujours plaisir.

La fille russe qui se savait tellement jolie

J’ai vu plusieurs fois cette fille. Remarquablement belle. A l’époque je connaissais son prénom, elle venait souvent à l’Expérimental. Après deux ou trois verres, elle venait me demander de passer des trucs pour danser, avec un grand sourire et son accent désarmant, tout charme dehors, espérant que j’allais être troublé et passer ses trucs à deux balles. J’étais troublé, mais pas au point de faire n’importe quoi.

Cette fille passait son temps à jouer de son charme : pour avoir une place assise alors que le bar était complet, pour que je garde son sac à côté de moi derrière le piano. Je me demande si elle était capable de demander un truc normalement sans battre des cils. C’est pas toujours une chance d’être belle.

 

Je réalise en rédigeant cette fiche que je pourrais passer la journée à retrouver des souvenirs du même genre. Il suffit que j’en rédige un pour qu’un autre arrive. J’arrête là, avec ces dix personnes.

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