Fredbook (Rencontres du 50ème type)

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Le jeune prêtre exalté qui voulait savoir si on se masturbait

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Une année, je crois bien que j’étais en troisième, un nouveau prêtre est arrivé à Stan. Un jeune. Ca changeait des autres, qui étaient tous plutôt âgés (voire même très âgés). On nous a annoncé son arrivée comme un événement important, un renouveau spirituel, une énergie nouvelle. Bref; il allait être notre aumonier.

J’ai complètement oublié son nom; je l’ai détesté tout de suite. Le genre exalté, mystique, racontant des trucs incompréhensibles destinés à montrer au commun des mortels que sa relation avec Dieu était du genre direct, tu vois le genre…

Bref. Il était motivé. Et il avait décidé de nous motiver aussi, et pour commencer, de nous purifier. Il a donc mis en place une confession périodique. Mensuelle, je crois. Le principe de la confession pour moi a toujours été simple : inventer deux ou trois pêchés à deux balles pour que ça passe vite et sans histoire. Mais un jour, je ne sais pas pourquoi, notre hystérique s’est mis à me poser des questions. Je venais de déballer mes turpitudes (genre copié sur mon voisin, menti à ma maman et pas appris mes leçons), et puis au lieu de me donner l’absolution, il s’est mis à me poser des questions : « as-tu déjà vu le corps d’une femme ? » « Y a-t-il des magazines remplis de pêché qui circulent dans le collège ? » « As-tu déjà eu des désirs coupables ? »… Moi ça ne me dérangeait pas d’admettre, pour une fois qu’on faisait le boulot à ma place pour me trouver des pêchés. Le problème c’est que j’ai tout avoué, les désirs coupables, la masturbation, les magazines, et tout et tout, mais le curé, ça l’exaltait. Il parlait de plus en plus fort, il voulait en savoir encore plus. Au bout d’un moment ça devenait embarrassant, et surtout vaguement inquiétant. Il était tout rouge. D’excitation je suppose. Alors Dieu m’a soufflé une idée dont je le remercie encore : pour mettre fin à la « conversation », j’ai commencé à dire que ma tête tournait et que je ne me sentais pas bien, puis j’ai fait semblant de m’évanouir. Je n’ai ouvert les yeux qu’une fois à l’infirmerie. Les fois suivantes, j’ai tenu bon à l’épreuve du questionnaire; j’ai résisté à la tentation d’avouer n’importe quoi.Je crois que ce jour-là j’ai définitivement compris que j’étais perdu pour l’église. La catholique comme les autres.

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