Barsi, le cousin corse

27 Jan 2014 | Enigmes, ephémères, perdus de vue | 0 commentaires

Je devais avoir 4 ou 5 ans lorsque mes parents ont rencontré, par je ne sais plus quel hasard, Barsi, le cousin corse de ma mère. Ils ont sympathisé, et Barsi (on l’appelait aussi Pierraggi, je n’ai jamais su comment il s’appelait au juste) est venu passer des vacances à Pompadour.

Un petit homme aux cheveux noirs avec un léger accent corse. C’est lui qui, assis sous les arbres derrière ma maison, m’a appris le premier comment on comptait jusqu’à cent, puis jusqu’à mille, et au delà.

Je ne l’ai plus revu pendant des années. Ma mère m’a donné des nouvelles : il s’est marié, a eu un enfant, travaillait dans la banque, habitait près du jardin du Luxembourg. J’ai vu sa femme et son fils deux ou trois fois, chez ma mère.

Puis il s’est mis à poursuivre ma mère de ses assiduités, lui faisant livrer des fleurs, l’invitant au restaurant. Ma mère n’aime pas beaucoup les fleurs, déteste le restaurant. Ils n’ont pas grand chose à se dire. Alors elle est passée maîtresse dans l’art de l’éviter. Elle n’a jamais voulu que je l’appelle pour lui dire de lui foutre la paix.

Tant pis. C’est pas ma vie.