Robert Billion

1 Fév 2014 | Enigmes, ephémères, perdus de vue | 0 commentaires

Toute ma jeunesse, j’ai bu du champagne Robert Billion. Robert Billion était un ami de mon père qui, lorsqu’il était étudiant à Paris, passait tous ses week-ends en Champagne, au Mesnil sur Oger, dans la famille Amillet.

Je ne sais pas à quand remonte l’amitié entre les Amillet et ma famille. Deux familles de notaires, une amitié sur plusieurs générations. J’ai des souvenirs d’enfance, de mariages et de réunions familiales au Mesnil sur Oger. Et j’ai bien connu quelques membres de la famille Amillet. Dont Françoise, qui m’a aidé à trouver mon premier job de journaliste… Mais revenons à Robert Billon. Il était un cousin des Amillet si j’ai bien tout compris.

Il produisait un champagne excellent, sans doute celui que j’ai le plus vu et bu dans mes jeunes années. Un blanc de blancs. Pendant longtemps, Robert Billion a été pour moi un nom sur une bouteille. Jusqu’au jour où je l’ai rencontré.

Je ne l’ai vu qu’une seule fois.  C’était un dimanche. Nous sommes partis de Paris en voiture avec mes parents et le chien, pour déjeuner chez Robert et sa femme. Je me souviens très bien de cette maison moderne, de la cheminée au milieu du salon, du feu de sarments (je n’avais jamais vu de feu de sarments, en Corrèze on n’en a pas).  Je me souviens d’un plat avec du riz que je me suis forcé à manger parce que je n’aimais pas. Que la femme de Robert m’a autorisé à sortir de table, m’a emmené dans la cuisine pour me proposer un dessert. Et des heures passées à jouer dans le jardin en attendant que les grands aient fini de discuter. Un jardin où se trouvait un potager.

Je n’ai jamais remis les pieds au Mesnil sur Oger depuis ce jour-là.