Jamais le moment d’écrire

30 Juin 2014 | Réflexions | 0 commentaires

Ce que je trouve difficile, dans l’écriture, c’est que ça n’est jamais le bon moment. Je me dis toujours qu’aujourd’hui je peux écrire, mais pas aussi bien que j’en suis capable. Peut-être que demain je saurais mieux trouver les mots.

Dans ce blog, c’est encore plus flagrant : lorsque je rédige la fiche de quelqu’un, je voudrais qu’elle soit à la hauteur de mon souvenir. Et pour que ça arrive, il faudrait que je sois dans l’état d’esprit idéal, juste pour cette personne. Ecrire aujourd’hui ou bien demain, c’est écrire une fiche totalement différente. Illustration : l’histoire d’Eric, que j’ai par erreur rédigée deux fois, d’abord ici, puis . Deux versions de la même histoire; deux textes qui n’ont rien à voir l’un avec l’autre.

J’ai ressenti cette frustration hier, en écrivant la fiche d’Anthony Augendre. J’aurais voulu qu’elle lui ressemble, et qu’elle puisse donner une vague idée de tout ce qu’il m’a apporté. J’en suis loin. C’est une fiche sans relief. Et celle de monsieur et madame Broche, les gardiens du stade de Pompadour. Je n’ai pas l’impression d’avoir fait passer à quel point le stade était un lieu important, où j’ai vécu des moments inoubliables.

Mais écrire, c’est renoncer à attendre. Je suis là, devant mon écran, et j’écris MAINTENANT les mots qui arrivent MAINTENANT. Puis je passe à l’histoire suivante, sans me retourner. Je pourrais toujours, si je le veux, écrire un second Fredbook pour raconter les mêmes personnes, d’une nouvelle manière.

Je suppose que c’est pour ça que certains auteurs écrivent toujours le même livre : ils ont l’impression que cette fois, ils sauront en écrire la version parfaite, celle qu’ils n’ont pas réussi à écrire la fois précédente.

 

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